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La Cour des comptes accorde une dernière chance à l’Afpa

Formation Toulouse

La Cour des comptes a rendu public, mercredi 29 janvier 2014, un rapport sur l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), dans lequel elle dénonce les difficultés d’adaptation de l’association ouverte à la concurrence depuis 2009 et ses erreurs stratégiques successives.

Celle-ci se trouve désormais dans une situation financière très délicate, enregistrant une perte de 92 millions d’euros soit environ 10% de son chiffre d’affaires en 2012, ce qui a contraint l’Etat à lui verser une aide de 110 millions d’euros en juin 2013.

La Haute Juridiction souligne que depuis 2009, la stratégie de l’Afpa a trop tardé à prendre en compte les évolutions résultant du rôle croissant des régions et de la concurrence avec d’autres organismes de formation, y compris en ce qui concerne la délivrance des titres professionnels : désormais chaque région organise son achat de formation, soit sous forme d'appel d'offres, soit en contractualisation sous forme de service d'intérêt économique général. Son implantation territoriale n’a pas été adaptée et ses efforts de compétitivité sont restés inaboutis.

Ainsi, entre 2007 et 2012, l’Afpa a perdu près de 33% de stagiaires, perte qui n'a pas été compensée par un accroissement de sa part dans la formation en entreprise. Ainsi, en 2012, elle a formé 82 000 chômeurs, contre 123 885 en 2007.

Malgré sa capacité à faciliter un retour durable des demandeurs d’emploi sur le marché du travail (plus de la moitié des demandeurs d’emploi ayant obtenu un titre professionnel sont en emploi six mois après la fin de leur formation), l’Afpa n’obtient que 22% des financements disponibles pour ce type de formation.

L’association n’a pas encore su moderniser son organisation, qui repose sur l’affectation d’un formateur unique par stage, ainsi que ses processus d’achats, qui ne garantissent pas la disponibilité des matériels pédagogiques.

Concernant la politique de gestion des ressources humaines, les Sages de la rue Cambon dénoncent une diminution trop lente des effectifs, des excès concernant les rémunérations et avantages en nature (120 logements de fonction, 928 véhicules…), une mobilité insuffisante des formateurs.

La Cour des comptes juge également que l’Afpa a maintenu de trop nombreuses implantations (216 en janvier 2013), principalement mises à disposition par l'Etat, notamment parce que les collectivités territoriales souhaitent en pérenniser l’existence, alors même que leur entretien est coûteux.

Ayant frôlé la cessation de paiement en 2012, l’association s’est dotée d’une nouvelle équipe dirigeante, qui a bâti un plan de refondation visant des objectifs de mutation pédagogique, de développement de l’activité, de rationalisation des implantations et de redressement financier. Les économies attendues s’élèvent à 102 millions d’euros d’ici 2017.

Le bilan établi en octobre 2013 montre que des efforts ont été effectivement entreprise pour réduire les dépenses de personnel et de fonctionnement. Cependant, le chiffre d’affaires de 2013 devrait être inférieur de plus de 30 millions d’euros par rapport à l’objectif fixé par le plan.

Pour assurer la pérennité de l'Afpa, la Cour des comptes formule douze recommandations, demandant notamment à l'Etat de clarifier sa stratégie vis-à-vis de l’association afin de justifier son soutien financier dans le contexte concurrentiel.

Auteur : Godefroy Picart

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