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Les 4 freins non financiers au développement de l’apprentissage

Formation Toulouse

Le Gouvernement souhaite atteindre un objectif de 500 000 apprentis en 2017, contre 436 000 aujourd’hui. Mais malgré les politiques mises en œuvre depuis de nombreuses années, l’apprentissage n’a pas réussi à se construire une image de formation de qualité. Un rapport des inspections générales (IGAS, IGEN et IDAENR) en date du 12 mars recense quatre freins non financiers au développement de l’apprentissage et propose plusieurs pistes pour les lever.

Les principaux freins non financiers sont :
- le déficit d’image dans les représentations des familles, des jeunes et de certains acteurs de l’éducation ;
- la méfiance réciproque entre jeunes et employeurs ;
- la méconnaissance de cette voie de formation ;
- de nombreux obstacles juridiques.

Les recommandations de la mission portent sur :
- des changements des représentations et des pratiques d’orientation ;
- des incitations visant à augmenter l’offre de contrats ;
- des modifications du cadre juridique de l’apprentissage ;
- la gouvernance de la politique de l’apprentissage.

La mission souligne que, malgré les politiques volontaristes dont il fait l’objet depuis de nombreuses années, l’apprentissage n’a pas réussi à se construire une image de formation de qualité au sein du système éducatif. Par conséquent l’orientation vers l’apprentissage se fait souvent par défaut. Les inspections générales préconisent de :
- revaloriser l’apprentissage au sein de l’Education nationale : objectifs quantitatifs et qualitatifs en matière d’apprentissage, prise en compte de l’existence d’un CFA dans le sur-classement des établissements et dans leurs dotations en moyens ;
- renforcer l’accompagnement vers le « préapprentissage » : stages en entreprise et en CFA pour faire découvrir les métiers et les formations ;
- rendre obligatoire une « découverte de l’apprentissage » pour chaque collégien : visite de CFA, rencontre avec des apprentis et des employeurs, etc.

Le rapport formule quelques propositions pour développer l’apprentissage dans les entreprises et la fonction publique tout en veillant à sa qualité. Il identifie pour cela plusieurs gisements potentiels de développement de l’apprentissage, à commencer par la fonction publique, qui ne comptabilise que 10 400 contrats, soit 2,5% de l’ensemble des apprentis, et dont les freins non financiers sont essentiellement de nature administrative. Concernant les entreprises, la mission préconise entre autres de lutter contre le fort taux d’abandons et de ruptures de contrats en valorisant davantage la fonction de maître d’apprentissage et en explicitant mieux les fonctions du CFA.

Les inspecteurs généraux proposent enfin qu’un travail soit fait auprès des entreprises de plus de 250 salariés pour les inciter à embaucher des apprentis plutôt que de payer une taxe pour non atteinte des seuils légaux. Ce travail pourrait consister en une meilleure information sur les opportunités de recrutement et un accompagnement par Pôle emploi, les missions locales et les développeurs de l’apprentissage.

La mission recommande d’adapter le cadre juridique de l’apprentissage, notamment en simplifiant et en allégeant les nombreuses règles régissant la conclusion du contrat, sa durée, son enregistrement, etc. Certaines dispositions pourraient être rapprochées de celles qui encadrent le CDD. La rémunération des jeunes pourrait être fixée en fonction de leur niveau et non de leur âge, étant donné que le système actuel nuit à l’embauche d’apprentis plus âgés, plus coûteux.

Les inspecteur généraux rappellent que les politiques d’apprentissage impliquent beaucoup d’acteurs : les entreprises, l’Etat, les conseils régionaux, les partenaires sociaux. Ils appuient sur la nécessité d’en améliorer la gouvernance afin de faire travailler ces nombreux acteurs de manière optimale :
- fusion des différentes instances de concertation nationale et régionale ;
- unification des instruments de contractualisation régionale avec les branches, pour mieux orienter les apprentis vers les secteurs ayant des besoins ;
- harmonisation des coûts et réaffirmation de la gratuité de la formation : des écarts très importants de coûts peuvent être constatés d’un CFA à l’autre.

Auteur : Godefroy Picart

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